Un précédent : la carrière de Rimade

Avant d’être autorisée à exploiter le site du GRAND GAR, la société PORTAL a exploité durant quelques mois, pour le compte de la commune de Marsac-en-Livradois, une carrière située au lieu-dit RIMADE.

Plan situation GrandGar-Rimade.1

La carrière de RIMADE a fait l’objet d’un arrêté préfectoral n°05/02435, en date du 7 juillet 2005, autorisant la mairie de Marsac à exploiter la carrière pour une durée de 20 mois.

Les matériaux prélevés étaient destinés exclusivement aux travaux connexes aux opérations de remembrement.

La surface exploitable était de 0,8 ha, pour une surface totale de 1,6 ha, et la production maximale était limitée à 105.000 tonnes.

Le front de terrassement n’a pas excédé 6 m de hauteur limitant ainsi l’effet sur l’eau du massif et seulement quelques milliers de tonnes de matériaux ont été extraits.

Compte tenu de la proximité des riverains du village de Tonvic, l’exploitation de la carrière de RIMADE a été menée avec certaines restrictions :

  • Sur l’abattage qui a été réalisé par engins mécaniques, sans utilisation d’explosif, conformément aux prescriptions de l’article 5 de l’arrêté.
  • Sur le traitement des matériaux, qui n’était pas autorisé sur site (art. 10 de l’arrêté). Le concassage a été réalisé au lieu-dit Brugeailles, en bordure de la Dore, à 3 km de RIMADE.

Cette carrière, très temporaire et d’utilité publique, n’a pas fait l’objet d’une opposition de la part des riverains. Cependant, malgré les restrictions et la courte durée d’exploitation, les nuisances de RIMADE ont été bien réelles notamment au regard des bruits et des poussières en période de travail.

Un des principaux arguments avancé par la Préfecture notamment par la Direction des Collectivités Territoriales et de l’Environnement, pour justifier l’implantation de la carrière du Grand Gar a été de mettre en avant la présence d’une exploitation temporaire à Rimade, acceptée par tous.

Cette analogie GRAND GAR / RIMADE, affichée par l’exploitant et soutenue par l’Etat, est à l’origine du désaccord. Le tableau ci-dessous permet une comparaison des deux exploitations.

Comparaison_GrandGar-Rimade.1

Les deux exploitations sont aux antipodes au regard des problématiques posées par l’ampleur de l’installation et le processus de production, mais en Livradois cela n’a guère d’importance…

L’ARPECT n’est pas opposée aux installations de production de granulats en Livradois, mais souhaite faire reconnaître les manquements dans l’analyse lors des études préalables à une telle installation au Grand Gar, qui constitue une faute professionnelle dans l’instruction du dossier de demande d’autorisation. Ces pratiques d’un autre âge, consistant à autoriser pour des raisons d’« utilité publique » très discutables des installations nuisantes à hauts risques dans un environnement privilégié, alors que tous les signaux sont « au rouge », ne devraient plus exister au XXIe siècle. La décision d’exploiter le Grand Gar, prise à Clermont-Ferrand, à 100 km du lieu d’exploitation, sans réelle concertation ni écoute des riverains, contre l’avis du commissaire enquêteur et des élus locaux, est un cas caractéristique de déni de démocratie qui n’est plus acceptable.

L’association s’est engagée à lutter pour l’amélioration des pratiques environnementales, la promotion du développement durable et une meilleure prise en compte des requêtes locales par les autorités publiques.